La situation du Sahel aujourd’hui est marquée par une intensification des attaques jihadistes au Mali, une fragilité sécuritaire au Burkina Faso et au Niger, et une crise humanitaire qui touche plus de 5,7 millions de personnes déplacées dans la région. Les tensions entre l’Alliance des États du Sahel (AES) et la CEDEAO compliquent encore la coopération régionale.
Sécurité et conflits
Mali: Depuis fin avril 2026, des attaques coordonnées par le JNIM (lié à Al-Qaïda) et le Front de libération de l’Azawad ont frappé le nord du pays. Le chef de la junte, Assimi Goïta, affirme que la situation est « maîtrisée », mais reconnaît une « extrême gravité ». Les jihadistes menacent de bloquer les routes vers Bamako.
Burkina Faso: Déploiement massif de forces à Ouagadougou et dans les zones stratégiques. Certaines régions échappent au contrôle de l’État.
Niger: Les autorités ont annulé les célébrations du 1er mai pour raisons de sécurité, signe de la vulnérabilité des espaces publics.
France et AES: Emmanuel Macron a critiqué la junte malienne pour avoir expulsé les forces françaises en 2022, estimant que cela a laissé un vide sécuritaire exploité par les groupes armés. Les États du Sahel (Mali, Burkina, Niger) défendent au contraire une souveraineté totale et se tournent vers de nouveaux partenaires, notamment russes.
Crise humanitaire
Déplacements forcés: Plus de 5,7 millions de personnes déplacées ou réfugiées attendues d’ici fin 2026 dans le Sahel et les pays côtiers (Bénin, Togo, Ghana, Côte d’Ivoire).
Mali: En 2025, plus de 415 000 personnes déplacées internes dont 58 % d’enfants. Les violences basées sur le genre et les restrictions de mouvement restent très élevées.
Burkina Faso: Trois quarts des déplacés internes du Sahel se trouvent dans ce pays.
Éducation: Plus de 14 800 écoles fermées à cause de l’insécurité, doublant depuis 2019.
Santé: Risques accrus d’épidémies (diphtérie, choléra, paludisme) en raison de la faible couverture vaccinale et des déplacements massifs.
Risques et implications
Extension vers le Golfe de Guinée: Les attaques au Mali et au Burkina Faso alimentent la crainte d’un corridor instable reliant le Sahel aux côtes (Côte d’Ivoire, Togo, Bénin, Ghana).
Coopération régionale fragilisée: Le G5 Sahel est en recul, et les tensions AES–CEDEAO compliquent la coordination sécuritaire.
Pression sur les pays côtiers: La Côte d’Ivoire anticipe un afflux de réfugiés, avec risque d’infiltration de réseaux armés.
Points clés à retenir
Le Sahel vit une phase critique: attaques jihadistes, fragilité des régimes militaires, et crise humanitaire massive.
Les populations civiles sont les plus touchées: déplacements, violences, fermeture des écoles, insécurité alimentaire.
La coopération régionale est affaiblie, ce qui accroît le risque d’expansion de la crise vers les pays côtiers.